S'il est un domaine où la technique a progressé et continue de progresser de manière prodigieuse au point de devenir pratiquement incontrôlable, c'est bien celui de
la communication. La découverte de l'imprimerie avait ouvert à l'humanité une ère nouvelle, la révolution numérique que nous commençons de vivre est beaucoup
plus foudroyante et menaçante pour les valeurs que nous considérons comme essentielles.
Nous vivons désormais dans l'immédiateté, dans le bombardement incessant d'une communication presque totalement futile qui aboutit au relachement des
liens sociaux au profit d'un individualisme permanent camouflé par des liens virtuels et fugitifs au détriment des institutions et des médias traditionnels: famille,
école,corps intermédiaires, presse écrite (autre que magazine people!), etc. L'individu devient l'esclave de son ordinateur, un simple clic remplaçant la participation proprement dite.
N'est-ce pas en développant la réflexion éthique, en refusant la facilité d'une participation virtuelle, en trouvant un langage qui corresponde aux préoccupations profondes de
chacun, en réfléchissant aux tendances de fond qui travaillent notre société que la démocratie parviendra à tirer le meilleur parti de la révolution numérique?
Lire à ce sujet: "La société immédiate" de Pascal Josèphe (Calmann-Lévy 2008)
Par Jean-Pierre PREVOST.