Texte Libre
- Nous créons un club France-Forum à Amiens.
- France-Forum ?
- C’est le nom d’une revue d’idées, fondée à l’origine par des démocrates-chrétiens. Le « club » sera un lieu pour poursuivre le débat sur les thèmes abordés par la revue
- Mais, que voulez-vous faire, au juste ? Car c’est bien une démarche politicienne, non ?
- Politicienne, non. Politique, oui.
- Ah, je le savais, vous préparez le terrain pour X (ou Y) pour les prochaines élections. C’est un club de soutien.
- Vous ne m’avez pas compris. C’est une démarche politique car nous nous sentons concernés par les choix de notre collectivité, et que nous voulons réfléchir par nous-mêmes aux enjeux d’aujourd’hui et de demain. Quant aux jeux politiciens, nous en avons ras-la-casquette de ceux qui font une fin de ce qui n’est qu’un moyen.
- Ah ?... (perplexité) C’est une sorte de « boîte à idée » alors ? une écurie pour pondre des propositions pour un parti.
- Non. Nous ne sommes ni un groupe de pression, ni une cellule de communication. Nous ne voulons pas (im)poser des solutions, mais débattre de problèmes
- Je ne vous suis pas bien, là…
- C’est le mot débattre qui vous trouble, peut-être ? Nous voulons être, à Amiens, un club de rencontre et de débat, où chacun puisse confronter ses interrogations et ses convictions, quelles qu’elles soient.
- Ah, je connais ça ! on a l’illusion de convaincre, mais chacun campe sur ses positions : la parfaite recette d’une discussion stérile…
- Stérile s’il s’agissait de convertir. Fécond, s’il s’agit de se frotter à la complexité du réel.
- Bref, pour résumer, et sans vouloir vous vexer, vous vous faites plaisir à discuter et peu importe s’il n’en sort rien. C’est très égoïste, en fait.
- Si vous voulez, oui. Mais envisager de renoncer au prêt-à-penser, c’est aussi une forme de résistance individuelle.